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SCPI parts invendables : que faire quand vous ne pouvez plus vendre vos parts depuis 2 ans ?
Quand on investit en SCPI, on achète de l’immobilier… donc un actif peu liquide. L’actualité relayée par MoneyVox illustre le risque : un épargnant ayant investi 44 895 € dit attendre depuis 2 ans pour vendre ses parts. Dans cet article, vous allez comprendre pourquoi la vente peut bloquer et surtout quelles démarches concrètes engager pour débloquer la situation, ou au minimum reprendre la main sur votre stratégie.
Point clé : en SCPI, la revente n’est pas “automatique”. Elle dépend d’un mécanisme de sortie et de la présence d’acheteurs en face.
Pourquoi vos parts de SCPI peuvent devenir difficiles (voire impossibles) à vendre
Une liquidité non garantie
La liquidité des parts dépend du marché. Si beaucoup d’associés veulent sortir en même temps et que la demande baisse, les ordres s’accumulent.
À savoir : l’AMF rappelle que les SCPI sont des placements immobiliers de long terme et que la liquidité n’est pas garantie. En clair : le délai de revente peut être long, surtout en période tendue.
Le type de SCPI change tout : capital variable vs capital fixe
- SCPI à capital variable : la sortie passe souvent par une demande de retrait. Elle est servie si de nouvelles souscriptions arrivent en face (ou selon les règles propres à la SCPI).
- SCPI à capital fixe : la revente se fait via un marché secondaire (carnet d’ordres). S’il n’y a pas d’acheteur au prix demandé, l’ordre reste en attente.
Astuce : si vous voulez vérifier les bases (mécanismes, frais, risques), gardez sous la main notre guide : Investir dans une SCPI : fonctionnement, risques et points de vigilance.
Le “bon prix” peut ne plus trouver preneur
Quand le marché se tend, certaines ventes se font :
- avec une décote (prix inférieur à ce que vous espériez),
- ou ne se font pas tant que le prix ne “rencontre” pas la demande.
Point clé : “je ne peux pas vendre” signifie souvent “je ne peux pas vendre à ce prix et dans ce délai”.
Que faire concrètement quand vos parts sont invendables ?
1) Obtenir une photo précise de votre ordre de vente (par écrit)
Contactez la société de gestion (ou votre distributeur) et demandez :
- la date d’enregistrement de l’ordre (ou du retrait),
- votre rang dans la file d’attente,
- le volume total en attente de vente / retrait,
- le volume réellement échangé sur la période (si marché secondaire),
- les règles pour modifier ou annuler l’ordre (prix, fractionnement, type d’ordre, etc.).
Astuce : exigez une réponse écrite et datée. C’est utile si vous devez contester un défaut d’information ou un traitement anormal.
2) Vérifier les paramètres qui bloquent (et ajuster si possible)
Selon la SCPI, vous pouvez parfois :
- baisser le prix (ou accepter une exécution à un prix de confrontation),
- fractionner l’ordre (vendre en plusieurs fois),
- changer le type d’ordre (selon les options disponibles).
À savoir : avant de modifier, vérifiez les frais (cession/dossier) et l’impact fiscal potentiel.
3) Si vous avez besoin de trésorerie pendant l’attente : travailler un “plan B”
Deux cas fréquents :
Cas A : vous avez acheté les SCPI à crédit Vous continuez à rembourser l’emprunt tant que vous détenez les parts. Si la revente bloque, l’enjeu devient la mensualité.
- Piste possible : faire le point sur un rachat de crédit pour réduire les mensualités (selon votre profil et les conditions du marché).
- Avant toute démarche : calculez votre taux d’endettement pour savoir ce qui est réaliste.
Cas B : vous n’avez pas de crédit mais un besoin de cash
- Rééquilibrer votre épargne (si vous avez d’autres actifs plus liquides).
- Mettre en place une réserve de sécurité.
Pour comparer vos options selon votre horizon et votre besoin de liquidité : Quels placements privilégier ?
Point clé : l’objectif n’est pas de “remplacer” la SCPI à tout prix, mais d’éviter qu’un blocage de vente vous mette en difficulté de trésorerie.
4) En cas de mauvaise information ou de litige : enclencher les recours
Si vous estimez ne pas avoir été correctement informé (risque de liquidité, conditions de revente, horizon recommandé, etc.) :
- Envoyez une réclamation écrite (société de gestion et/ou distributeur).
- Si le désaccord persiste, vous pouvez saisir le médiateur de l’AMF.
À savoir : la médiation ne “crée” pas d’acheteurs, mais elle peut aider si le problème porte sur l’information, le conseil ou le traitement de votre dossier.
Exemples chiffrés
Scénario : investissement de 44 895 € et vente avec décote (hypothèse)
On prend l’investissement mentionné dans l’actualité (44 895 €) pour illustrer l’impact d’une décote si vous choisissez d’accélérer la sortie.
Exemple purement pédagogique : la décote réelle (si elle existe) dépend de la SCPI, du mécanisme de vente et de l’état du marché.
| Hypothèse de décote à la revente | Montant de vente estimé | Calcul |
|---|---|---|
| 0% | 44 895 € | 44 895 × (1 − 0) |
| 10% | 40 405,50 € | 44 895 × (1 − 0,10) |
| 20% | 35 916,00 € | 44 895 × (1 − 0,20) |
Point clé : accepter une décote peut améliorer les chances d’exécution, mais ce n’est pas une garantie si la demande est très faible.
Comment choisir ?
Les bons critères (simples)
- Votre urgence : avez-vous besoin d’argent à court terme (1–3 mois) ?
- Votre marge de négociation : pouvez-vous accepter une décote (et laquelle) ?
- Votre exposition : les SCPI représentent-elles une part trop importante de votre patrimoine ?
- Votre situation de financement : achat au comptant ou à crédit ?
- Votre capacité à attendre : budget, échéances, projets à venir.
Mini check-list avant d’agir
- Je sais si ma SCPI est à capital fixe ou variable.
- J’ai la date, le rang et les volumes en attente de mon ordre.
- Je connais les options : baisse de prix, fractionnement, modification/annulation.
- J’ai chiffré l’impact d’une décote (même approximative).
- Si besoin, j’ai un plan de trésorerie (et j’ai vérifié mon endettement).
Astuce : si votre objectif devient la liquidité, posez-vous la question de la place de l’immobilier “papier” dans votre stratégie globale et de votre fiscalité. Notre point d’entrée : Impôts : les stratégies pour optimiser votre fiscalité immobilière.
FAQ courte
Pourquoi la société de gestion ne “rachète” pas mes parts ?
Parce que la revente dépend généralement d’un mécanisme où il faut un acheteur en face (directement ou via collecte), et ce mécanisme peut se gripper en marché tendu.
Est-ce que ça veut dire que ma SCPI “ne vaut plus rien” ?
Pas forcément. Un blocage de vente est souvent un problème de liquidité (déséquilibre offre/demande), distinct de la valeur économique des immeubles. Mais en période de baisse immobilière, les deux peuvent se cumuler.
Est-ce que baisser le prix garantit la vente ?
Non. Ça peut augmenter vos chances, mais si la demande est insuffisante, même une décote peut ne pas suffire à écouler rapidement.
Est-ce que baisser le prix garantit la vente ?
Non. Ça peut augmenter vos chances, mais si la demande est insuffisante, même une décote peut ne pas suffire à écouler rapidement.
Puis-je saisir l’AMF pour débloquer la vente ?
L’AMF (via son médiateur) peut aider en cas de litige (information, conseil, traitement), mais elle ne peut pas créer de liquidité. Le médiateur peut être pertinent si vous contestez la façon dont le risque vous a été présenté (cf. rappels AMF cités dans la presse spécialisée).
Conclusion
Un blocage de revente de parts de SCPI sur une longue durée, comme celui relayé par MoneyVox (investissement de 44 895 €, vente impossible depuis 2 ans), illustre un risque structurel : la liquidité n’est pas automatique. Les bons réflexes : diagnostic écrit, compréhension du mécanisme de sortie, arbitrage entre attendre et accepter une décote, et, si besoin, recours via réclamation puis médiation AMF en cas de problème d’information ou de traitement.
Sources :
- Article MoneyVox : https://www.moneyvox.fr/immobilier/actualites/108353/cet-epargnant-a-investi-44895euros-dans-des-scpi-et-attend-depuis-2-ans-de-pouvoir-vendre-ses-parts
- Références et positions citées dans l’article : Aspim, BNP Paribas Asset Management, AMF (rappels sur risques, liquidité et horizon).