"Un scandale climatique" : MaPrimeRénov' abandonne des milliers de propriétaires

Publié le 6 juillet 2026 par Delphine Bardou 3 min

Le dispositif public à la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’, va subir un nouveau coup de rabot. Dès septembre 2026, une grande partie des travaux réalisés seuls pourrait sortir du dispositif. Une décision motivée par des impératifs budgétaires, mais qui suscite déjà une vive opposition des professionnels de la rénovation énergétique.

La transition écologique est de nouveau dans le viseur du gouvernement. Selon les informations publiées par Le Parisien, le 26 juin 2026, plusieurs travaux aujourd’hui financés par MaPrimeRénov’ (MPR), le principal dispositif public à la rénovation énergétique, ne seraient plus éligibles lorsqu’ils sont réalisés seuls, dans le cadre d’une rénovation dite “monogeste”. Le détail de la réforme sera présenté par le Conseil national de l’habitat (CNH) lors d’une séance le 2 juillet. Un projet de décret et d’arrêté devrait suivre dans la foulée.

Sont ainsi concernées l’isolation des combles et de la toiture, le remplacement de fenêtres, l’installations de systèmes de ventilation ou de pôles à bois et granulés. À l’inverse, seules quelques interventions, comme l’installation d’une pompe à chaleur ou la dépose d’une cuve à fioul, continueraient d’être soutenues.

Privilégier les rénovations d’ampleur

Le ministère justifie cette orientation par sa volonté de “concentrer l’argent public sur les rénovations les plus efficaces”. L’exécutif entend ainsi privilégier les rénovations globales, plus performantes – qui permettent d’améliorer le diagnostic de performance énergétique d’au moins deux lettres – pour réduire durablement la consommation énergétique des logements, plutôt que les interventions réalisées une par une.

Cette réforme s’inscrit dans une série de restrictions engagées depuis plusieurs mois. L’isolation des murs et l’installation de chaudières à biomasse ont déjà été exclues des gestes éligibles à MaPrimeRénov’ en 2026.

La filière monte au créneau

Cette nouvelle évolution inquiète fortement les professionnels du bâtiment. Le président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb), Jean-Christophe Repon, a qualifié cette décision de “scandale climatique », sur franceinfo le 29 juin. Et ce dernier de rappeler que les travaux “monogeste” constituent souvent une première étape avant une rénovation plus ambitieuse.

Les critiques dépassent le seul secteur artisanal. Plusieurs acteurs de la rénovation redoutent qu’un recentrage trop brutal décourage des propriétaires incapables de financer immédiatement une rénovation globale. Or, dans la pratique, de nombreux foyers améliorent progressivement leur logement, au rythme de leur budget. En supprimant ces aides intermédiaires, les professionnels craignent une baisse des chantiers, mais aussi un ralentissement des gains énergétiques obtenus ces dernières années.

Audrey Zermati, directrice Stratégie de l’entreprise de rénovation Effy évoque ainsi “un nouveau signal désastreux” envoyé par le gouvernement”. “Au moment où les vagues de chaleur rendent de nombreux logements invivables, permettre aux Français d’isoler, de mieux chauffer, de rafraîchir et de moins consommer relève de l’urgence nationale”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

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