Et si votre maladie n'était plus un obstacle pour acheter votre logement ?

Publié le 22 juin 2026 par Delphine Bardou 3 min

L’assureur Cardif, filiale de BNP Paribas, a annoncé que les personnes atteintes de drépanocytose bénéficieront désormais de de surprimes “réduites” pour leur contrat d’assurance emprunteur. Une initiative qui s’inscrit dans une tendance plus large du secteur, portée notamment par les progrès médicaux et la loi Lemoine.

Déclarer une pathologie chronique lors de la souscription d’une assurance emprunteur se traduit la plupart du temps par des surprimes importantes, voire par des exclusions de garanties. Pour faciliter l’accès au crédit des personnes atteintes de drépanocytose, Cardif, filiale de BNP Paribas, a annoncé le 15 juin une évolution de sa politique de souscription. L’assureur met en place une nouvelle tarification permettant de “réduire” les majorations tarifaires habituellement appliquées et d’accorder “plus largement” certaines garanties complémentaires. Selon BNP Paribas Cardif, près de 30 000 personnes vivent aujourd’hui avec cette pathologie en France.

Pour rappel, l’assurance emprunteur est une couverture indispensable exigée par les banques lors de l’octroi d’un crédit immobilier. Elle permet la prise en charge des mensualités de prêt en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité à travailler. Si l’emprunteur n’est plus en mesure d’assumer ses mensualités, l’assureur prend alors le relais.

Le VIH n’est plus discriminatoire

Pour faire évoluer son approche, Cardiff explique s’être appuyé sur les progrès de la recherche médicale et sur le travail d’experts spécialisés. Un nouveau questionnaire de santé a également été élaboré afin d’évaluer plus précisément la situation des emprunteurs concernés. L’objectif est de mieux tenir compte des réalités médicales actuelles plutôt que d’appliquer des critères devenus parfois obsolètes.

Cardiff n’en est pas à son premier coup d’essai. En 2025, l’assureur a déclaré que les personnes atteintes d’un cancer des testicules, de la prostate ou du sein peuvent désormais contracter un crédit immobilier sans être pénalisées par une exclusion de garantie ni par une surprime. En 2024, elle avait déjà permis aux personnes vivant avec le VIH – à condition de présenter une charge virale indétectable au moment de la souscription – de bénéficier des mêmes conditions que les emprunteurs en bonne santé.

La loi Lemoine comme cadre

La filiale de BNP n’est pas la seule à s’être engagée sur cette voie. Depuis plusieurs années, de nombreuses banques et assurances ont déjà assoupli leurs conditions d’accès pour des personnes atteintes de maladies autrefois considérées comme très risquées. CNP Assurances, BPCE, BoursoBank et La Banque Postale ont aussi aboli les surprimes et exclusions pour les femmes ayant surmonté un cancer du sein. Le Crédit Agricole avait pris une mesure similaire dès 2023.

Ces avancées s’inscrivent dans un mouvement plus global d’ouverture du marché. Entrée en vigueur en 2022, la loi Lemoine – du nom de la député à l’origine de la proposition – a profondément modifié les règles de l’assurance emprunteur. Elle a notamment supprimé le questionnaire médical pour certains prêts immobiliers dont le capital assuré n’excède pas 200 000 euros par personne, à condition que le remboursement intervienne avant les 60 ans de l’emprunteur. Cette réforme vise à éviter que l’état de santé ne constitue un obstacle systématique à l’accession à la propriété.

Dernières publications

Il est nécessaire de remplir ce champs.
Votre nom est requis.
Entrez une adresse e-mail valide ou laissez ce champs vide