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Classé A au DPE, mais invivable l'été : le paradoxe français
Le ministre du Logement a annoncé que d’ici « quelques mois », une troisième note serait ajoutée au diagnostic de performance énergétique. Elle servira à mesurer la capacité des logements à protéger leurs occupants des fortes chaleurs.
43,8°C à Saintes, 44,1°C à Saumur… La canicule du mois de juillet a été d’une ampleur inédite en France. Et la nuit n’a pas fait exception. « Après plusieurs journées entières à accumuler la chaleur, les façades, les murs, les toitures et le bitume continuent de la restituer tout au long de la nuit, empêchant les logements de retrouver une température supportable » a alerté le 15 juillet Synergie, un courtier spécialisé dans le financement de la rénovation énergétique des copropriétés.
Aussi, 43 % des logements français ne disposent ni de volets, ni de stores sur l’ensemble des fenêtres exposées au soleil, avait mis en lumière une enquête de l’Alliance des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment (Ignes). « Le défi du confort d’été est devant nous, et nous devons aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin », a déclaré le 15 juillet le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, lors de la session de questions au gouvernement.
Afin de protéger les occupants de ces logements, le gouvernement a cependant besoin de connaître l’ampleur du parc à isoler d’urgence de la chaleur. Il compte utiliser un outil bien connu des Français : le diagnostic de performance énergétique (DPE). Ce document permet de mesurer la capacité d’isolation d’un logement, et lui attribue à une note allant de A (un logement parfaitement isolé) à G (une passoire thermique).
« Le DPE a un avantage et un mérite, c’est qu’il permet d’évaluer les performances d’un logement notamment l’hiver. Mais nous devons le réécrire pour faire en sorte qu’il y ait une autre lettre, une autre indication sur le confort d’été », a poursuivi Vincent Jeanbrun. Et ce dernier de préciser que d’ici « quelques mois », propriétaires et locataires pourront obtenir un DPE permettant de savoir « si ce qui est performant pour l’hiver l’est également pour l’été ».
De simples « smileys » sur le DPE
Un avis partagé par le député Ensemble pour la République Daniel Labaronne : « Pour réussir, nous devons disposer d’outils fiables pour identifier les logements les plus vulnérables et orienter efficacement les investissements. Le DPE joue, à ce titre un rôle, essentiel », a-t-il indiqué le 15 juillet.
Actuellement, le DPE se contente d’afficher le confort d’été des logements par le biais de « smileys ». Un visage rouge mécontent correspond à des risques élevés de surchauffe du logement, un visage orange neutre décrit une situation intermédiaire, un visage vert souriant indique une bonne protection contre les chaleurs. Les paramètres pris en compte sont entre autres, la présence de volets, de ventilation naturelle dans la pièce ou encore les matériaux de construction.
Une loi pour faciliter l’installation de volets
Ces « smileys » ne modifient cependant en rien la note finale. Daniel Labaronne conclut donc que le DPE « demeure encore insuffisamment précis pour refléter la réalité vécue des habitants lors des fortes chaleurs ».
Une proposition de loi déposée le 11 juillet par la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, prévoit de faciliter l’installation de protections solaires – notamment des volets – solution jugée « primordiale pour limiter la surchauffe des logements ». Les copropriétés devraient alors prévoir dans leur règlement, par un vote à majorité simple, le type de protections solaires extérieures installables.