Assurance prêt immobilier et décès du conjoint : que se passe-t-il concrètement ?

Mis à jour le 16 février 2026 par Delphine Bardou 

En cas de décès du conjoint, l’assurance prêt immobilier rembourse le capital restant dû à hauteur de la quotité souscrite : 50 % si chaque emprunteur était assuré à moitié, 100 % si le conjoint décédé était couvert intégralement. Avec une quotité à 100 % chacun (200 % au total), le prêt peut être totalement soldé et le conjoint survivant n’a plus aucune mensualité à payer. Explications.

Acheter à deux : comment fonctionne l’assurance prêt pour un couple ?

Lorsqu’un prêt immobilier est souscrit à deux, les emprunteurs sont co-emprunteurs solidaires. Concrètement, cela signifie que chacun est responsable du remboursement de la totalité du crédit, indépendamment de sa part réelle dans le projet.

Dans la grande majorité des cas, l’assurance emprunteur est souscrite sur chaque tête. Chaque conjoint est assuré individuellement, selon un pourcentage de couverture appelé quotité d’assurance. Cette répartition est librement définie au moment de la souscription, sous réserve de respecter les exigences de la banque.

Pour l’établissement prêteur, la couverture globale du prêt doit être suffisante en cas de sinistre (décès, invalidité). Peu importe la répartition exacte entre les conjoints, tant que le niveau de protection jugé acceptable est atteint.

💡 À retenir
L’assurance emprunteur protège avant tout le remboursement du crédit mais le niveau de protection du couple dépend directement de la quotité choisie. Prenez le temps de bien étudier la question selon votre âge, votre niveau de revenus et votre état de santé.

Comment fonctionne l’assurance prêt immobilier en cas de décès de conjoint ?

En cas de décès de l’un des conjoints, l’assurance emprunteur intervient selon la quotité assurée. La part du prêt couverte par l’assurance est alors remboursée directement à la banque.

Remboursement selon la quotité

Deux situations peuvent se présenter :

  • La quotité est suffisante (100 %) : l’assurance rembourse tout ou partie du capital restant dû, et le conjoint survivant n’a plus (ou peu) de mensualités à assumer.
  • La quotité est insuffisante (50 %, 70 %) : seule une fraction du prêt est prise en charge. Le conjoint survivant doit continuer à rembourser le reste du crédit, parfois seul.

Même si la loi ne l’oblige pas, un prêt sans assurance emprunteur est très rare. Les organismes prêteurs obligent toujours de garantir au moins le décès et l’invalidité avec la garantie PTIA.

Si le conjoint décédé n’était pas co-emprunteur, ce sont alors les héritiers qui peuvent être concernés par le remboursement, selon les règles successorales.

💡 Avoir une assurance ne signifie pas toujours que le prêt est intégralement remboursé. Seule une quotité adaptée (100 % sur chaque tête) permet de réellement protéger le conjoint survivant.

Exclusions de garantie

Même si chaque co-emprunteur a sousrcit une garantie décès à 100 %, les banques prévoient certaines exclusions.

Voici les exclusions généralement prévues dans la garantie décès de l’assurance de prêt :

  • Âge limite de couverture : la plupart des contrats cessent de couvrir le décès au-delà de 80 ans selon les assureurs. Les contrats bancaires sont généralement moins généreux (avec une limite à 70/75 ans) que les assurances déléguées ;
  • Suicide : non couvert durant la première année du contrat, sauf pour un prêt destiné à l’acquisition de la résidence principale et dans la limite de 120 000 € (article L132-7 du Code des assurances). Au-delà de la première année, le suicide est couvert mais certains assureurs prévoient un plafond de remboursement à bien vérifier ;
  • Sports et activités à risque : alpinisme, sports aériens, plongée sous-marine, sports de combat… si ces pratiques n’ont pas été déclarées lors de la souscription, le décès qui en résulterait ne serait pas pris en charge.
  • Métiers à risques : certains métiers (militaire, convoyeur de fonds, policier, pompier, guide de haute montagne) nécessitent une déclaration spécifique et peuvent entraîner une surprime ou une exclusion ;
  • Comportements à risque : décès lié à la consommation de stupéfiants, conduite en état d’ivresse, participation à des actes criminels ou à une rixe (hors légitime défense) ;
  • Pathologies non déclarées : tout problème de santé connu mais non mentionné dans le questionnaire de santé peut conduire à un refus d’indemnisation, même si le décès n’est pas directement lié ;
  • Guerre, terrorisme, catastrophe nucléaire : ces événements exceptionnels font généralement l’objet d’exclusions.

💡 Notre conseil
Lisez attentivement les conditions générales de votre contrat d’assurance et la fiche standardisée d’information. En cas de doute sur une exclusion, contactez votre assureur pour obtenir des précisions écrites.

Quotité d’assurance prêt immobilier et décès du conjoint

La quotité correspond au pourcentage du prêt couvert par l’assurance emprunteur pour un couple. C’est elle qui détermine, en cas de décès, la part du capital restant dû qui sera réellement remboursée par l’assureur.

C’est aussi l’un des points les plus mal compris lors de la souscription. Beaucoup de couples pensent être bien assurés parce qu’ils sont deux alors que la couverture peut s’avérer insuffisante dans la pratique.

Pourquoi la quotité d’assurance prêt immobilier est déterminante en cas de décès du conjoint ?

La banque raisonne en couverture globale du prêt, mais le conjoint survivant, lui, subit les conséquences concrètes du niveau de quotité choisi.

Exemples concrets de répartition :

Quotité choisieCapital remboursé en cas de décèsReste à charge pour le conjoint
50 % / 50 %50 % du capital50 % du prêt à rembourser
100 % / 100 %100 % du capital0 €
70 % / 30 %70 % ou 30 % selon le conjointPart non couverte

💡 Exemple concret
Un couple assuré à 50/50 devra continuer à rembourser la moitié du prêt après le décès de l’un des conjoints, même si les revenus du foyer reposaient principalement sur la personne décédée.

[expert_comment user_name= »Hubert Couture-Fourcade » job_title= »Agent immobilier (ancien notaire) » clickable= »true » comment= »Quand j’étais notaire, je voyais souvent des couples persuadés d’être protégés à 100 %. Et pourtant, au décès de l’un d’eux, on découvrait parfois une quotité mal réglée. La différence financière pouvait être très importante et tombait comme un couperet sur la personne qui survivait. »]

Cas des couples avec revenus déséquilibrés

Lorsque l’un des conjoints supporte l’essentiel des revenus, une quotité asymétrique (70/30 ou 100/50) est souvent plus protectrice. Elle permet d’éviter qu’un conjoint survivant se retrouve avec un crédit difficilement soutenable.

Vous pouvez bien sur prendre une assurance de prêt à 100 % par tête. Mais si vous souhaitez réduire le prix de votre assurance de prêt, alors privilégiez un pourcentage haut sur la personne qui a le plus gros revenu. Pourquoi ? Car s’il décède, le conjoint survivant (celui au plus bas revenu) aura plus de difficultés à supporter un remboursement de crédit. A l’inverse, si c’est le conjoint qui a le moins de revenu qui décède, le conjoint survivant lui aura de quoi continuer à honorer le crédit.

En gros, cette décision repose vraiment sur le calcul du reste à vivre pour chaque co-emprunteur en cas de décès de votre conjoint.

⚠️ Dans tous les cas, la quotité minimum doit toujours être de 100 % minimum et jusqu’à 200 % si vous assurés en totalité sur les 2 têtes.

Que devient le prêt en cas de décès si le conjoint n’est pas co-emprunteur ?

Lorsqu’un seul conjoint figure sur le contrat de prêt immobilier, la situation diffère. Si l'emprunteur unique décède et qu’il était assuré à 100 %, le capital restant dû est intégralement remboursé par l’assurance. Le conjoint survivant, s’il est propriétaire du bien (notamment en cas de régime matrimonial de communauté), conserve le logement sans aucune dette.

En revanche, si le décès de l'emprunteur n’est pas complètement courvert (exclusions par exemple) ce sont les héritiers qui supportent la dette. Selon l’article 2284 du Code civil, la banque peut exercer son droit de gage général sur l’ensemble des biens de la succession.

Les héritiers ont alors deux options :

  • Accepter la succession : ils héritent des biens mais aussi des dettes, et doivent donc rembourser le prêt. Ils peuvent éventuellement vendre le bien immobilier pour solder la dette.
  • Refuser la succession : ils ne reçoivent aucun bien mais ne sont pas tenus de rembourser le crédit. L’État organise alors la vente du bien pour désintéresser la banque.

Exemples de remboursement de prêt après le décès d’un conjoint

Pour bien comprendre l’impact réel de l’assurance de prêt, voici des situations concrètes fréquemment rencontrées.

Couple jeune – quotité 50/50

Deux emprunteurs de 30 ans, prêt de 250 000 €.

Décès de l’un des conjoints, l’assurance rembourse 125 000 €.

Le conjoint survivant doit continuer à rembourser 125 000 € seul, sur la durée restante du prêt.

Couple avec quotité renforcée sur le conjoint principal

Revenus principalement portés par un seul conjoint, quotité 100 % / 50 %.

Décès du conjoint principal, 100 % du capital est remboursé.

Le conjoint survivant conserve le bien sans mensualité à assumer.

Couple avec enfants et disparités de revenus marquées

Paul gagne 4 500 € par mois, Sophie gagne 1 800 €. Prêt de 350 000 € sur 25 ans, mensualité de 1 400 €. Quotité 100 % sur Paul, 30 % sur Sophie.

  • Décès de Paul : l’assurance rembourse 100 % du capital. Sophie conserve le bien sans mensualité
  • Décès de Sophie : l’assurance rembourse 30 % du capital (105 000 €). Paul continue de rembourser 980 € par mois au lieu de 1 400 €, ce qui reste gérable avec son salaire

Assurance individuelle plus protectrice que celle de la banque

Même couple, même prêt, mais assurance individuelle avec une quotité mieux adaptée. Meilleure couverture pour un coût équivalent, voire inférieur, à l’assurance bancaire.

Cas client : un couple initialement assuré à 50/50 via la banque. Après analyse, changement d’assurance et passage à une quotité 100 % sur le conjoint principal.
Résultat : protection totale du conjoint survivant, sans hausse significative du coût de l’assurance emprunteur.

Le bon contrat n’est pas celui qui coûte le moins cher, mais celui qui protège réellement le foyer en cas de coup dur.

Quelles démarches effectuer auprès de l’assureur de prêt en cas de décès du conjoint ?

En cas de décès de votre conjoint co-emprunteur, certaines formalités administratives doivent être accomplies rapidement pour permettre la prise en charge par l’assurance emprunteur.

Déclaration du sinistre

La première étape consiste à informer l’assureur du décès, idéalement dans les 15 jours ouvrés. Cette déclaration peut se faire par courrier recommandé avec accusé de réception ou directement en ligne selon les assureurs.

voici les documents obligatoires à fournir :

  • Acte de décès (copie intégrale)
  • Certificat médical précisant la cause du décès
  • Copie de la pièce d’identité du conjoint survivant
  • Justificatif du contrat de prêt (tableau d’amortissement à jour)
  • En cas de décès accidentel, l’assureur peut demander un rapport de police ou de gendarmerie

Délais de traitement et indemnisation

L’assureur dispose d’un délai légal de 30 jours à compter de la réception du dossier complet pour vous notifier sa décision.

En cas d’acceptation, le versement du capital intervient généralement sous 30 à 45 jours. Un délai de franchise peut s’appliquer : il s’agit du laps de temps entre la date du décès et le début effectif de la prise en charge. Pour la garantie décès, ce délai est généralement court (quelques jours), contrairement aux garanties incapacité ou invalidité.

Pendant l’instruction du dossier, les mensualités du prêt doivent continuer à être payées. L’assureur remboursera rétroactivement la part couverte une fois le dossier validé.

Comment se protéger grâce à l’assurance prêt immobilier en cas de décès du conjoint ?

L’assurance emprunteur est l’un des leviers les plus efficaces pour sécuriser le logement du couple en cas de décès. Encore faut-il l’utiliser correctement.

Ajuster la quotité dès la souscription

La première protection passe par une quotité adaptée à la réalité des revenus. Un couple avec des revenus déséquilibrés a tout intérêt à renforcer la couverture du conjoint qui porte l’essentiel du crédit, afin d’éviter un reste à charge difficilement supportable.

Revoir son assurance en cours de prêt

Grâce à la loi Lemoine, il est désormais possible de changer d’assurance à tout moment, sans frais. C’est souvent l’occasion de :

  • Corriger une quotité mal calibrée ;
  • Améliorer les garanties décès et invalidité ;
  • Renforcer la protection du conjoint survivant.

Comparer banque et assurance individuelle

Les assurances bancaires proposent des contrats standardisés. À l’inverse, une assurance individuelle permet souvent :

  • Une meilleure personnalisation des quotités ;
  • Des garanties plus étendues ;
  • Un coût optimisé à protection équivalente ou supérieure.

Adapter les garanties au profil réel du couple

Âge, état de santé, profession, stabilité des revenus : tous ces critères doivent être pris en compte pour choisir une assurance réellement protectrice, et pas seulement conforme aux exigences minimales de la banque.

La meilleure assurance est celle qui permet au conjoint survivant de conserver son logement sans déséquilibrer son budget.

[expert_comment user_name= »Hubert Couture-Fourcade » job_title= »Agent immobilier (ancien notaire) » clickable= »true » comment= »Il m’est arrivé de voir des dossiers où l’assurance ne couvrait que 50 % alors que le couple pensait être intégralement assuré. Au décès du mari, l’épouse a dû assumer seule la moitié du prêt et vendre le bien faute de pouvoir suivre les mensualités. De nombreux couples ne se rendent pas compte de ces détails au moment de la signature. »]
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FAQ : Assurance prêt immobilier et décès conjoint

Mon conjoint décède : dois-je continuer à rembourser le prêt immobilier ?

Oui, sauf si votre assurance de prêt couvre 100 % du capital restant dû. Si vous aviez souscrit une quotité à 50 % par xemple, vous devez continuer à rembourser la moitiée du crédit.

Les deux conjoints doivent-ils obligatoirement être assurés en cas de prêt immobilier ?

La loi n’impose pas de contracter une assurance de prêt pour un crédit immobilier. Mais dans la pratique, les banques exigent toujours de couvrir à minima le décès et l’invalidité. Par contre, vous pouvez choisir la quotité, c’est-à-dire la part que vous assurez (50 % ou 100 %).

Que se passe-t-il si la quotité d’assurance emprunteur n’est pas de 100 % ?

L’assurance ne rembourse que la part assurée. Le reste du crédit doit être remboursé par le conjoint survivant si vous avez emprunté à 2 ou les héritiers.

Les héritiers peuvent-ils être sollicités en cas de décès de conjoint en cours de prêt immobilier ?

Oui, si le prêt n’est pas intégralement couvert par l’assurance : soit l’assuré décédé a emprunté seul, soit le co-emprunteur ne peut assumer seul le crédit.

Peut-on modifier la quotité d’assurance emprunteur après la signature du prêt ?

Oui, en changeant d’assurance ou en renégociant le contrat, sous réserve du respect de l’équivalence de garanties exigée par la banque. Cette démarche est désormais possible (depuis 2022) à tout moment, sans frais ni pénalités.

4 commentaires
Isabelle_D, le 7 août 2025

Mon conjoint vient de décéder. L'assurance de prêt va rembourser le crédit, mais est-ce que l'argent est versé directement à la banque ou est-ce que je le reçois d'abord ? C'est un peu flou pour moi.

Répondre
Notre expert
Delphine Bardou, le 27 octobre 2025

Bonjour,

Je suis désolée pour votre perte.

En cas de décès d’un co-emprunteur, l’assurance emprunteur prend en charge le remboursement du capital restant dû, en fonction de la quotité assurée. Le montant correspondant est directement versé à la banque pour solder le prêt. Ainsi, vous n’avez pas à gérer personnellement ce versement.

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