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Mutuelles : les tarifs vont encore fortement augmenter en 2026
Les tarifs des mutuelles vont augmenter de 4,3 et 4,7 % en 2026, a annoncé la fédération nationale de la Mutualité française. Une hausse due à l’augmentation des dépenses de santé, justifie l’organisation.
Les mutuelles augmenteront les tarifs de leurs contrats de santé individuels de 4,3 %, et même de 4,7 % pour les contrats collectifs d’entreprises, a annoncé dans un communiqué de presse le 14 décembre la fédération nationale de la Mutualité française. Si la hausse est moins forte que les années précédentes (+ 6 % en 2025 en moyenne, + 8,1 % en 2024, + 4,7 % en 2023), elle se situe à un niveau bien supérieur à celui observé avant le Covid. Entre 2013 et 2020, l’augmentation moyenne annuelle était limitée à 1,8 % par an. Mais depuis 2020, elle atteint 4,4 % par an, soit 22 % en 5 ans. Pour rappel, les mutuelles – type Harmonie Mutuelle, Macif, Maif – représentent près de la moitié du marché des complémentaires santé.
Pour justifier une telle hausse, la fédération rappelle que les mutuelles doivent assumer des dépenses croissantes, plus précisément des transferts de remboursements venus de la Sécurité sociale : 400 millions d’euros sur champ hospitalier, 600 millions d’euros sur les indemnités journalières. Sans oublier, la nouvelle taxe d’un milliard d’euros sur les mutuelles, “véritable TVA sur la santé.” “Elle sera mécaniquement supportée par les assurés en bout de chaîne. Avec une taxe sur les contrats qui grimpe à 16 %, la France est une “anomalie européenne””, a dénoncé la Fédération.
“Quand on ajuste les cotisations, c’est au strict minimum”, Eric Chenut, président de la Mutualité française.
Et contrairement à la Sécurité sociale, les mutuelles “ne peuvent pas s’endetter” rappelle l’organisation. Elles doivent répondre à des obligations prudentielles, qui les obligent notamment à avoir des fonds propres. Elles doivent donc accorder leurs tarifs à leurs dépenses. “L’écart moyen entre la croissance de cotisations et la croissance de prestations des mutuelles n’est d’ailleurs que 0,3 % par an entre 2011 et 2024”, se défend la Mutualité, comme pour mieux répondre aux accusations de hausses exagérées. “C’est une accusation absolument scandaleuse: les mutuelles sont des organismes à but non lucratif, à gouvernance démocratique (…) Quand on ajuste les cotisations, c’est au strict minimum, pour garantir l’équilibre, la pérennité de nos entreprises» a tenu à rappeler sur RTL Eric Chenut, le patron de la Mutualité Française.
Afin d’enrayer cette spirale inflationniste – portée notamment par le vieillissement de la population et le coût des innovations médicales – l’organisation a déroulé quelques propositions : lutter contre la fraude, mais surtout investir “massivement” dans la prévention. La Mutualité cite notamment deux rapports pour appuyer son propos : un rapport de la Cour des comptes précisant que développer la prévention sanitaire permettrait d’économiser à terme 50 milliards d’euros de dépenses annuellement. Un document du Haut conseil au financement de la protection sociale, qui a chiffré le coût de la fraude sociale à 14 milliards d’euros par an.