La quotité d’assurance emprunteur est la part du prêt immobilier couverte par l’assurance pour chaque emprunteur en cas de décès ou d’invalidité. Bien la choisir est un enjeu majeur car une quotité trop faible laisse un reste à charge risqué pour le survivant, et une quotité trop élevée fait payer des cotisations inutiles. Voici comment elle fonctionne et comment déterminer la répartition adaptée à votre situation.
Ce qu’il faut retenir
- La quotité est la part du capital assurée pour chaque emprunteur, exprimée en pourcentage.
- Seul, la quotité est de 100 %, à plusieurs, elle se répartit entre les co-emprunteurs.
- La couverture totale doit atteindre au moins 100 %, sinon la banque refuse le prêt.
- Elle influence directement le coût : plus la part assurée est élevée, plus la cotisation augmente.
- Elle se modifie à tout moment grâce à la loi Lemoine, sans frais.
Qu’est-ce que la quotité d’assurance emprunteur ?
La quotité correspond à la part du capital emprunté couverte par l’assurance pour chaque emprunteur. C’est le pourcentage du prêt que l’assureur remboursera en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail.
Concrètement, avec une quotité à 100 %, le prêt est entièrement soldé. À 50 %, la moitié du capital restant dû reste à payer.
Le principe dépend du nombre d’emprunteurs :
- Emprunteur seul : la quotité est forcément de 100 %. La banque exige que l’intégralité du prêt soit couverte.
- Co-emprunteurs : la quotité se répartit entre eux (50/50, 70/30, etc.), avec une règle impérative : le total doit atteindre au moins 100 %.
⚠️ À ne pas confondre avec le taux d’assurance, qui exprime le coût du contrat. La quotité concerne la répartition du risque entre les emprunteurs, pas le prix. Les deux notions se combinent, mais ne se confondent pas.
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Comment fonctionne la quotité entre co-emprunteurs ?
Quand deux personnes empruntent ensemble, elles répartissent la quotité selon leurs revenus, leur situation et le niveau de protection souhaité. Trois grandes configurations existent.

| Répartition | Quotité totale | Pris en charge par l’assurance | Reste à payer par le survivant |
|---|---|---|---|
| 50/ 50 | 100 % | 50 % du capital | 50 % du capital |
| 70/ 30 | 100 % | 70 % ou 30 % du capital selon le sinistre | 30 % ou 70 % |
| 100/ 100 | 200 % | 100 % du capital | 0 € |
| 75/75 | 150 % | 75 % du capital | 25 % du capital |
La configuration 100/100 (chacun assuré à 100 %, soit 200 % au total) offre la protection maximale. Au décès de l’un, le prêt est intégralement soldé et le survivant n’a plus rien à payer. C’est plus cher, mais très protecteur.
Comment choisir et calculer la bonne quotité ?
Calculer la bonne quotité ne se limite pas à diviser par deux. Les couples optent trop souvent pour du 50/50 par habitude, sans analyser leur situation réelle, ce qui peut être une erreur, surtout jeune et sur une longue durée.
La méthode en quatre temps :
- Identifiez le montant total du prêt, base de répartition des quotités.
- Déterminez la part de remboursement de chacun, selon les revenus et les projets (congé parental, temps partiel).
- Choisissez une quotité qui reflète la capacité de remboursement de chaque emprunteur.
- Vérifiez l’adéquation avec les besoins de protection : en cas de décès de l’un, le survivant pourrait-il continuer à payer sa part ? Si non, optez pour une quotité renforcée.
Deux repères simples selon le projet :
Pour une résidence principale, privilégiez une quotité élevée (100/100 ou 75/75) pour ne jamais risquer de perdre votre logement.
Pour un investissement locatif, une quotité plus faible (50/50) peut suffire, puisque les loyers compensent une partie des mensualités.
La présence d’enfants à charge plaide aussi pour une quotité élevée, car leur charge financière persiste en cas de décès d’un parent.
La quotité selon votre profil
En pratique, c’est votre profil d’emprunteur (revenus, âge, état de santé, métier) qui détermine la répartition optimale. Un exemple concret l’illustre bien.
💬 Matthieu et Laura empruntent 300 000 € sur 25 ans. Matthieu gagne 1 500 €/mois, Laura 4 500 €/mois.
- Avec une quotité 75 % (Laura) / 25 % (Matthieu) : si Laura décède, Matthieu n’a plus que 75 000 € à rembourser, soit environ 330 €/mois, difficile mais gérable avec son revenu. Si Matthieu décède, Laura doit rembourser 225 000 €, soit environ 990 €/mois, tout à fait gérable avec son revenu. Cette répartition reflète le poids réel de chacun dans le foyer.
- Avec une quotité 50/50 : en cas de sinistre, la moitié du prêt reste à rembourser. Gérable pour Laura, mais risqué pour Matthieu avec un revenu plus faible. C’est pourquoi le 50/50 « par défaut » n’est pas toujours le bon choix.
| Profil | Type de bien | Répartition conseillée | Protection |
|---|---|---|---|
| Emprunteur seul | Tous types | 100 | Totale |
| Couple à revenus égaux | Résidence principale | 50/50 ou 100/100 | Moyenne à maximale |
| Couple à revenus inégaux | Tous types | 70 % / 30 % ou 60 % / 40 % | Adaptée aux revenus |
| Investisseurs locatifs | Bien locatif | 50 % / 50 % | Suffisante |
| Couple prudent souhaitant sécurité absolue | Résidence principale | 100 % / 100 % | Totale |
Pour approfondir le cas conjugal, consultez notre page dédiée à la quotité pour un couple.
Peut-on modifier sa quotité ?
Oui. Vous pouvez changer la répartition de la quotité en cours de crédit, notamment lors d’une renégociation ou d’une substitution d’assurance. C’est pertinent si les revenus du foyer évoluent, si l’un des emprunteurs devient plus fragile, ou si la situation familiale change.
Pensez à réévaluer votre quotité régulièrement. Celle choisie il y a dix ans ne correspond plus forcément à votre situation actuelle (âge, enfants, revenus). Depuis la loi Lemoine, changer d’assurance et ajuster sa quotité est possible à tout moment et sans frais. La modification implique une nouvelle étude du risque par l’assureur, donc un possible ajustement du prix.
FAQ : quotité d’assurance emprunteur
Quelle quotité quand on emprunte seul ?
Pour un emprunteur unique, la quotité est automatiquement de 100 %. La banque exige que l’intégralité du prêt soit couverte pour garantir son remboursement.
Peut-on avoir 200 % de quotité ?
Oui, en assurant chaque co-emprunteur à 100 %. C’est la configuration la plus protectrice : au décès de l’un, le prêt est intégralement soldé et le survivant n’a plus rien à payer.
Quelle est la meilleure répartition de quotité pour un couple ?
Il n’existe pas de répartition idéale universelle. Elle doit refléter les revenus de chacun et le niveau de sécurité souhaité pour le survivant. Plus les revenus sont déséquilibrés, plus il est pertinent d’attribuer une quotité élevée à celui qui gagne le plus.
La quotité influence-t-elle le prix de l’assurance emprunteur ?
Oui, directement. Plus la part assurée est élevée, plus la cotisation augmente. Une répartition 100/100 coûte donc plus cher qu’un 50/50, car l’assureur couvre un risque plus important.
Peut-on modifier sa quotité en cours de prêt ?
Oui, notamment lors d’une renégociation ou d’un changement d’assurance, grâce à la loi Lemoine. Cela implique une nouvelle étude du risque et un possible ajustement du tarif.