Se faire rembourser un billet d’avion dépend avant tout d’une question : qui est responsable du problème ? Lorsque la compagnie est en cause, le règlement (CE) n° 261/2004 vous garantit un remboursement intégral ou une indemnisation forfaitaire. Lorsque l’annulation vient de vous, l’assurance voyage prend le relais. On vous explique quoi faire dans chaque situation !
Dans quels cas peut-on se faire rembourser un billet d’avion sans assurance ?
Sans assurance annulation, un remboursement n’est possible que lorsque la compagnie aérienne est responsable du problème selon le règlement européen (CE n° 261/2004).
Celui-ci s’applique à tout vol au départ d’un aéroport européen, ou à destination de l’Union européenne sur une compagnie communautaire. Il définit quatre situations ouvrant droit à remboursement ou indemnisation :
Annulation du vol par la compagnie
Si la compagnie aérienne annule votre vol, elle a l’obligation de vous proposer le remboursement intégral de votre billet dans un délai de 7 jours (article 8 du règlement CE 261/2004). Ce délai court à partir de votre demande.
De façon alternative, vous pouvez aussi choisir un réacheminement vers votre destination dans des conditions comparables (classe égale ou supérieure, temps de trajet équivalent etc.).
Bon à savoir
L’annulation doit vous être notifiée moins de 14 jours avant le départ pour déclencher ce droit : au-delà de ce délai, si la compagnie vous propose un vol de remplacement aux horaires similaires, aucune indemnisation complémentaire n’est due.
Retard de plus de 3 heures à l’arrivée
Depuis 2009, un retard de 3 heures ou plus à l’arrivée ouvre les mêmes droits à indemnisation qu’une annulation.
Le montant forfaitaire prévu à l’article 7 du règlement CE 261/2004 dépend de la distance du vol :
| Distance du vol | Indemnisation forfaitaire |
|---|---|
| Vol de moins de 1 500 km | 250 € par passager |
| Vol intra-UE de plus de 1 500 km / vol entre 1 500 et 3 500 km | 400 € par passager |
| Vol de plus de 3 500 km (hors UE) | 600 € par passager |
Ici votre billet d’avion n’est pas remboursé, mais le désagrément subi est compensé par une indemnisation équivalente.
Refus d'embarquement, surbooking et déclassement
En cas de surbooking (surréservation), si la compagnie vous refuse l’accès à bord d’un vol pour lequel vous avez une réservation confirmée, vous avez droit au même barème d’indemnisation (250 / 400 / 600 €).
De plus, la compagnie aérienne doit prendre en charge vos repas, rafraîchissements et hébergement si nécessaire. Sachez que la compagnie doit d’abord faire appel à des volontaires avant d’appliquer un refus involontaire.
Si vous êtes placé dans une classe inférieure à celle figurant sur votre billet, la compagnie doit vous rembourser une partie du prix payé : 30 % pour les vols de moins de 1 500 km, 50 % pour les vols entre 1 500 et 3 500 km, et 75 % pour les vols de plus de 3 500 km.
Exemple concret :
Paris → New York (environ 5 800 km)
Vous avez acheté un billet en Business class à 1 200 €. À l'embarquement, la compagnie vous informe qu’il n’y a plus de place en Business et vous place en Economie. Le vol Paris–New York dépasse 3 500 km : la compagnie doit vous rembourser 75 % du prix du billet, soit 900 €.
Peut-on se faire rembourser en cas de circonstances extraordinaires ?
Le règlement CE 261/2004 prévoit une exonération d’indemnisation (mais pas de remboursement du billet) lorsque l’annulation ou le retard résulte de circonstances extraordinaires impossibles à éviter :
- Conditions météorologiques extrêmes,
- Instabilité politique,
- Grève des contrôleurs aériens extérieure à la compagnie,
- Actes de sabotage,
- Décision des autorités.
En revanche, une grève interne à la compagnie ou une panne technique prévisible ne constitue pas une circonstance extraordinaire selon la jurisprudence de la CJUE.
💡 Le remboursement intégral du billet reste dû même dans ces cas.
Billet non remboursable ou vol raté : que pouvez-vous récupérer ?
Même si votre billet est estampillé « non remboursable » ou si vous ratez votre avion, vous n’avez pas tout perdu.
En effet, les taxes aéroportuaires ne rémunèrent pas la compagnie : elles sont collectées pour le compte des aéroports et des États. Si vous n’avez pas pris votre vol, ces taxes sont remboursables dans leur intégralité, même sur un billet non remboursable. Les principales taxes concernées sont :
- Taxe QW : taxe de sécurité-sûreté
- Taxe QX : redevance passager (airport tax)
- TTAP (Taxe de l’Aviation Civile) : taxe d’État française
La demande doit être adressée directement à la compagnie par écrit dans un délai maximum qui varie selon ses conditions (généralement 30 jours après la date du vol). Conservez impérativement votre billet, votre carte d'embarquement et votre réservation comme preuves.
Comment se faire rembourser son billet d’avion si on doit l’annuler ?
Lorsque vous êtes à l’origine de l’annulation pour des raisons personnelles (maladie, licenciement, refus de visa…), le remboursement ne relève plus du règlement CE 261/2004 mais de votre assurance.
Quels sont les motifs d’annulation couverts par l’assurance voyage ?
Une assurance annulation voyage rembourse généralement les dépenses non récupérables (billet, hébergement, activités) lorsque l’annulation est motivée par un événement imprévu et indépendant de votre volonté.
Les motifs généralement couverts sont :
- Problème de santé : maladie grave, hospitalisation, accident, décès du voyageur ou d’un proche (parent, conjoint, enfant)
- Motif professionnel : licenciement économique, modification imposée des congés par l'employeur, mutation imprévue
- Événement matériel : sinistre grave au domicile (incendie, dégât des eaux), vol avec violence
- Motif administratif : refus de visa, convocation judiciaire
- Grossesse : certains contrats couvrent les complications de grossesse survenues après la souscription
Les contrats d’annulation toutes causes sont généralement plus souples !
Quelles sont les exclusions fréquentes de l’assurance annulation ?
L’assurance annulation ne couvre jamais un changement d’avis, une grève connue avant la souscription, une maladie préexistante non déclarée ou une annulation motivée par une alerte de voyage connue avant l’achat du billet.
Le délai de souscription est également déterminant : pour être couvert, il faut généralement souscrire dans les 48 à 72 heures après le paiement.
⭐️ Le coût d’une assurance annulation représente en moyenne 2 à 8 % du prix total du voyage, avec des franchises variables selon les contrats.
Peut-on se faire rembourser un billet d’avion avec sa carte bancaire ?
Il est possible de se faire rembourser son billet d’avion par sa carte bancaire à condition d’avoir intégralement réglé le billet avec une carte bancaire premium disposant d’une assurance annulation intégrée.
En effet, les cartes Visa Premier, Gold Mastercard, Amex Gold/Platine et les cartes Infinite incluent généralement une couverture annulation voyage pour des motifs plus limités que ceux d’une assurance voyage.
Vérifiez dans la notice d’information de votre carte les plafonds de remboursement (souvent entre 3 000 € et 10 000 € par sinistre) et les délais de déclaration (généralement 72 heures après l’événement).
Quelle est la procédure pour se faire rembourser un billet d’avion ?
Depuis le 7 février 2026, la saisine du médiateur est devenue obligatoire avant tout recours judiciaire. Que le litige porte sur une annulation par la compagnie ou sur une demande d’indemnisation suite à un retard, la procédure suit toujours le même parcours en quatre étapes :
Étape 1 : rassembler les justificatifs
Les pièces nécessaires varient selon la situation :
- Dans tous les cas : confirmation de réservation (PNR), billet d’avion ou e-ticket, carte d'embarquement (ou preuve de non-embarquement)
- En cas de retard ou annulation : document remis par la compagnie précisant le motif et la durée du retard, reçus de dépenses engagées (hôtel, repas, transports)
- En cas d’annulation pour motif personnel : certificat médical, certificat de décès, lettre de licenciement, justificatif de sinistre, refus de visa en original
Étape 2 : faire une réclamation écrite à la compagnie aérienne
Adressez votre demande par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) ou via le formulaire de réclamation en ligne de la compagnie.
Précisez le numéro de vol, la date, votre numéro de réservation, le préjudice subi et le montant réclamé. Conservez une copie de votre envoi et de l’accusé de réception.
Selon le règlement CE 261/2004, la compagnie dispose de 7 jours pour rembourser en cas d’annulation de sa responsabilité. Le délai de prescription pour agir est de 5 ans en France.
Étape 3 : solliciter votre assurance
Si vous êtes couvert par votre assurance voyage, déclarez le sinistre dans les délais prévus au contrat, généralement dans les 5 à 10 jours ouvrés suivant l’événement. Ne tardez pas : une déclaration hors délai peut entraîner un refus de prise en charge.
Transmettez l’ensemble des justificatifs et le décompte des dépenses non récupérables. L’assureur appliquera ensuite l’éventuelle franchise contractuelle avant de calculer le montant à rembourser.
Étape 4 : saisir le Médiateur du Tourisme et du Voyage (MTV)
En cas d’absence de réponse ou de refus de la compagnie, la saisine du Médiateur du Tourisme et du Voyage (MTV) est désormais obligatoire avant tout recours judiciaire.
Le délai moyen de traitement est de 137 jours. Si le MTV ne donne pas satisfaction, vous pouvez saisir la DGAC (autorité nationale de contrôle du CE 261/2004), la DGCCRF pour un signalement, ou le Centre Européen des Consommateurs (CEC) pour les litiges transfrontaliers au sein de l’UE.
FAQ : se faire rembourser un billet d’avion
Peut-on annuler un billet low-cost (Ryanair, easyJet, Transavia) ?
Les compagnies low-cost appliquent des conditions d’annulation très strictes sur leurs tarifs d’entrée de gamme. Toutefois, le règlement CE 261/2004 s’applique à elles comme à toute autre compagnie pour les annulations et retards de leur fait. Si vous devez annuler pour une raison personnelle, seule une assurance annulation peut vous protéger sur ces billets.
Que faire si la compagnie aérienne fait faillite ?
En cas de faillite de la compagnie, le règlement CE 261/2004 ne s’applique plus. Les recours sont alors : votre assurance annulation si elle couvre le risque de défaillance opérateur, le chargeback auprès de votre banque si vous avez payé par carte, et la déclaration de créance auprès du liquidateur judiciaire.
Mon vol a été annulé moins de 14 jours avant le départ : à combien ai-je droit ?
Vous avez droit au remboursement intégral du billet ET à une indemnisation forfaitaire de 250, 400 ou 600 € selon la distance du vol, sauf si la compagnie vous propose un vol de remplacement arrivant à destination dans des délais très proches de l’horaire initial.
Comment se faire rembourser un billet d’avion non remboursable ?
Un billet « non remboursable » ne signifie pas que tout est perdu. Si la compagnie annule le vol ou si le retard dépasse 5h, le remboursement intégral est obligatoire en vertu du règlement CE 261/2004, quelles que soient les conditions tarifaires. En dehors de ces cas, vous pouvez toujours réclamer le remboursement des taxes d’aéroport.
Comment annuler un billet d’avion déjà payé ?
Un billet flexible peut être annulé et remboursé intégralement, souvent jusqu’à 24h avant le départ. Un billet non remboursable ne donne pas droit au remboursement du prix. Si vous avez souscrit une assurance annulation, elle prend en charge le billet pour les motifs prévus au contrat.